Tristesse et solidarité avec les victimes

14 novembre 2015 | Catégorie(s) : Le mot du secrétaire de section

Après cette nuit tragique, une immense tristesse a envahi les rues du 11e arrondissement et de Paris. Dans ces circonstances, nous avons besoin d’exprimer notre solidarité et notre compassion à l’ensemble des victimes de cette folie meurtrière. Nous avons besoin de partager notre écœurement collectif face à cette barbarie.

Compte tenu des risques existants, nous ne pouvons pas le faire pour l’instant sur la voie publique. Nous devons laisser les services de l’État, déjà mobilisés toute la nuit pour sauver des vies et pour assurer notre sécurité, faire leur travail.

Le temps est au deuil collectif et non aux discours enflammés. 

Paris est forte, la France est forte parce que les Parisiens et les Français ont toujours eu le courage de défendre la liberté, l’égalité et la fraternité hier comme aujourd’hui.

Les messages de solidarité qui vous viennent de tous les coins de la terre nous appellent à rester cette ville lumière qui rayonne par sa culture, par sa joie de vivre, par son amour de la liberté.

Pour l’instant, je vous invite à redécouvrir ce poème de Louis Aragon écrit au moment de la libération de Paris qui trouve aujourd’hui une résonance particulière.

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Paris

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

Louis Aragon, 1944

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